Liste de matériel pour le bivouac hivernal : tout ce qu'il faut emporter
Bivouaquer en hiver est une expérience à part entière. Le silence, la neige et les levers de soleil sur un monde immobile autour de vous. Mais c'est aussi le contexte le plus exigeant pour le matériel : une erreur de préparation qui passe inaperçue en été peut devenir sérieuse quand il fait -10°C dehors.

Bivouac hivernal : un contexte exigeant qui récompense une préparation sérieuse
Ce guide couvre le bivouac hivernal en basse et moyenne montagne, entre novembre et mars, avec des températures nocturnes allant de 0 à -15°C selon l'altitude et la région. Si vous cherchez la version estivale, consultez notre liste de matériel pour le bivouac en été. Et si vous voulez d'abord comprendre comment alléger votre sac quelle que soit la saison, lisez nos 24 astuces pour s'alléger en randonnée.
Ce que l'hiver change vraiment
Bivouaquer en hiver n'est pas bivouaquer en été avec plus de couches, c'est plus complexe que cela. C'est une logique à revoir sur presque tous les matériels. Le froid amplifie chaque erreur que vous ferez : un matelas trop fin et vous passerez une nuit blanche sur un sol qui vous vole votre chaleur. Un sac de couchage sous-dimensionné et vous frissonnerez dès 2h du matin. Une tente mal adaptée et la condensation transforme l'intérieur en congélateur.
On peut bivouaquer confortablement à -10°C avec un base weight raisonnable si l'on choisit bien chaque matos. Le prix à payer est un sac plus lourd qu'en été, il faut compter 2 à 3 kg supplémentaires par rapport à votre liste estivale. C'est le coût de la chaleur et de la sécurité, et ce poids est incompressible en dessous d'un certain seuil.
Un conseil : si vous n'avez jamais bivouaqué par temps froid, commencez par une nuit à 0°C (dans votre jardin ou tout près de chez vous) avant de viser -10°C. Le froid s'apprivoise progressivement et votre matériel aussi. Pour comprendre comment calibrer votre sac selon le type de sortie, consultez notre guide sur le poids idéal du sac selon le type de randonnée.
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Le système de couchage
C'est le poste le plus critique de cette liste. En hiver, mieux vaut un sac de couchage légèrement trop chaud qu'un sac légèrement trop froid. On peut toujours ouvrir la fermeture si on a trop chaud mais on ne peut pas fabriquer de chaleur si on en manque. C'est un point très important.
Quilt ou sac de couchage ?
En été, le quilt est souvent la meilleure option. En hiver par contre la question mérite réflexion car un quilt nécessite d'avoir une gestion active des ouvertures d'air possibles sur les côtés, ce qui peut être problématique quand il fait vraiment froid. Les sacs de couchage momie avec cagoule intégrée sont plus efficaces thermiquement en conditions hivernales sévères parce qu'ils enveloppent complètement sans laisser de zone non couverte, sans laisser aucune ouverture pour que l'air froid puisse entrer durant la nuit. Et cela fait la différence.
Si vous êtes à l'aise avec un quilt et que vous savez parfaitement l'utiliser, alors les modèles hivernaux avec rabats latéraux attachés au matelas de sol fonctionnent très bien. Sinon un sac de couchage momie reste le choix le plus sûr pour débuter le bivouac hivernal.
Quelles températures cibles viser ?
Visez un confort annoncé inférieur d'au moins 5°C à la température minimale prévue. Si vous attendez -5°C la nuit, prenez un sac de couchage confort -10°C. Sachez que les températures de confort annoncées par les fabricants sont calculées pour une femme de 25 ans en bonne forme physique. Dans le doute, surdimensionnez.
Sac de couchage hivernal :
- Cumulus Panyam 600 (870 g, confort -7°C à -10°C) : duvet 850 cuin, excellent rapport poids-chaleur pour l'hiver. La référence polonaise accessible avec une très bonne finition. Bon rapport qualité-prix.
- Montbell Down Hugger 800 #0 (800 g, confort -12°C) : qualité japonaise irréprochable, coupe momie bien ajustée, très compressible pour un sac de couchage hivernal. Mon préféré dans cette liste.
- Sea to Summit Spark SP1 (715 g, confort -9°C) : le plus léger des trois pour un confort comparable. Excellente option si vous cherchez à minimiser le poids sans sacrifier la protection.
- Western Mountaineering Alpinlite (737 g, confort -12°C) : une référence américaine reconnue pour sa durabilité et la qualité de son garnissage. Investissement élevé mais sac qui dure 15 ans.
Quilt hivernal :
- Enlightened Equipment Enigma 0°F (680 g, confort -18°C) : pour les conditions vraiment sévères ou les dormeurs froids. Avec les sangles de fixation au matelas, les pertes de chaleur sont minimisées.
- Zpacks Classic Quilt 0°F (560 g, confort -18°C) : le plus léger du marché dans cette gamme de température. À réserver aux randonneurs expérimentés qui maîtrisent l'utilisation du quilt par grand froid.
Le sac à viande en hiver
Un sac à viande en soie (60 g) ajoute 2 à 4°C de confort à votre système de couchage et garde votre sac de couchage propre plus longtemps. En hiver c'est un ajout intéressant pour peu de poids supplémentaire dans le sac à dos.
Poids du poste couchage : 700 g à 900 g
Le matelas de sol : la R-value, c'est vraiment sérieux
Le matelas est au moins aussi important que le sac de couchage en hiver. Le sol froid aspire la chaleur de votre corps par conduction, bien plus efficacement que l'air froid autour de vous. Un sac de couchage confort -15°C ne vous sauvera pas la mise si votre matelas laisse passer facilement le froid du sol.
La règle à connaître : R-value minimum 4 en hiver, R5 et plus pour les conditions sévères ou les sols enneigés. En dessous de 4, vous risquez de vous réveiller avec une sensation de froid venant du bas, même avec un très bon sac de couchage.
Une astuce que j'applique systématiquement en hiver est de superposer deux matelas : un matelas gonflable de R-value 3-4 posé sur un matelas mousse de type Thermarest Z-Lite de R-value 2. Les deux ensemble donnent une R-value additive de 5 à 6 pour un poids total plutôt maîtrisé d'environ 650 à 750 g. C'est une solution fiable sans risque de crevaison en conditions difficiles.
- Therm-a-Rest NeoAir XTherm (430 g, R-value 7.3) : la référence absolue pour l'hiver. R-value exceptionnelle dans un format ultralight. Difficile de faire mieux dans ce rapport poids-isolation.
- Sea to Summit Ether Light XT Insulated (595 g, R-value 3.9) : plus large et plus confortable que le Therm-a-Rest, bon choix si vous dormez sur le côté.
- Nemo Tensor Insulated (430 g, R-value 4.2) : très silencieux, excellent en hiver, légèrement moins performant que le XTherm mais plus confortable selon les dormeurs.
- Therm-a-Rest Z-Lite Sol (410 g, R-value 2.0) : en combinaison avec un matelas gonflable, apporte une couche d'isolation supplémentaire fiable et indestructible. Se fixe à l'extérieur du sac, ne prend aucune place dedans.
Poids du poste matelas : 430 g à 840 g (selon la configuration)
La tente et l'abri
En hiver, trois critères deviennent prioritaires : la résistance au vent, la gestion de la condensation et la facilité de montage avec des gants.
Résistance au vent
Un vent de 60-80 km/h dans une tente légère à armature fine peut finir en désastre. En hiver, privilégiez des tentes avec des arceaux renforcés et des points d'ancrage nombreux. Les sardines classiques ne tiennent pas dans la neige : prévoyez des sardines à neige ou des deadmen (sardines enterrées horizontalement dans la neige).
Condensation
En hiver, la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur de la tente est maximale. La condensation s'accumule rapidement sur les parois intérieures d'une tente simple paroi. Une tente double paroi avec une bonne circulation d'air entre les deux parois gère bien mieux ce problème. Le matin, un chiffon microfibre léger pour essuyer les parois avant de replier évite que le givre ne s'accumule.
Montage avec des gants
Certaines tentes nécessitent d'enfiler les arceaux dans des manchons, ce qui est quasi impossible avec des gants. Privilégiez les systèmes à clips ou à coulisses larges.
- MSR Hubba Hubba NX 2 (1 720 g) : tente 3 saisons solide, tient bien dans les conditions hivernales modérées. Bonne résistance au vent, montage rapide. Parfaite pour 0 à -10°C.
- Black Diamond Firstlight 2 (1 130 g) : tente 4 saisons légère, monoparoi, conçue pour la haute montagne. Résistance au vent exceptionnelle. Le choix des alpinistes qui cherchent à minimiser le poids.
- Hilleberg Nallo 2 (1 700 g) : la référence suédoise pour les conditions hivernales sévères. Double paroi, armature robuste, tient dans des conditions où d'autres tentes capitulent. Durabilité sur 10 à 15 ans.
- MSR Access 2 (1 490 g) : 4 saisons légère, très bonne résistance au vent, double paroi. Bon compromis entre poids et robustesse pour un bivouac hivernal régulier.
Astuce avec la neige : si vous bivouaquez sur de la neige, creusez une plateforme légèrement surélevée sur les bords pour éviter que l'eau de fonte ne rentre sous la tente. Ça prend 10 minutes et ça change vraiment la nuit.
Poids du poste tente : 1 100 g à 1 700 g
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Les vêtements
Le système des 3 couches ne change pas dans son principe mais change radicalement dans son exécution. Chaque couche doit être plus performante et il faut ajouter une quatrième couche pour les mains, la tête et les pieds que l'été rendait optionnelle. Pour aller plus loin sur la méthode d'allègement, consultez nos 24 astuces pour alléger son sac de randonnée.
Ce qu'on porte en marchant
En mouvement, le corps génère beaucoup de chaleur. On transpire même par temps froid et la tentation est de s'habiller trop chaud au départ. C'est une erreur classique car vous allez être trempé de sueur après 30 min et quand vous vous arrêterez ce sera le froid humide qui vous saisira. L'hypothermie n'est pas loin.
La bonne approche est de partir avec une couche de moins que ce que vous pensez nécessaire, puis d'ajouter dès le premier arrêt.
- Base layer : mérinos 200 g/m² minimum. Le mérinos régule la température et ne sent pas mauvais même après plusieurs jours. Évitez le coton, qui reste humide et refroidit en conditions froides.
- Mid layer : une polaire légère type Patagonia R1 ou Rab Nexus Pull-On. Respirante, chaude sans excès.
- Shell : une veste imperméable coupe-vent sérieuse.
Ce qu'on emporte dans le sac
- Un t-shirt de rechange en mérinos
- Une deuxième paire de chaussettes mérinos épaisse
- Un collant thermique, indispensable dès que la température descend sous 0°C
- Une doudoune à garnissage duvet pour les pauses et le bivouac : Montbell Ex Light Down (115 g) pour les conditions modérées, Rab Neutrino Pro (390 g) pour les conditions sévères
- Une veste de pluie imperméable et coupe-vent
- Un pantalon imperméable léger pour la neige et la pluie
Les extrémités : ne pas les négliger
C'est souvent là que le froid s'installe en premier. Mains, pieds, tête : ces trois zones perdent de la chaleur très rapidement et peuvent devenir dangereuses par grand froid si elles sont mal équipées.
Pour vos mains :
- Gants fins en mérinos ou synthétique (40 g) : pour marcher et maintenir la dextérité. Se portent seuls au-dessus de 0°C.
- Surmoufles imperméables (120 g) : par-dessus les gants fins quand le vent ou la neige s'invite. La combinaison gants fins + surmoufles est plus polyvalente qu'une seule paire de grosses moufles.
Pour votre tête :
- Bonnet mérinos ou synthétique (60 g) : indispensable au bivouac. Une grande partie de la chaleur corporelle se perd par la tête.
- Cagoule légère (40 g) : pour les conditions vraiment froides ou venteuses. Peut aussi être utilisée comme couche supplémentaire dans le sac de couchage.
- Buff : pour le cou et le bas du visage.
Le piolet
Le piolet peut s'avérer indispensable en hiver et pas uniquement en hiver car les névés peuvent s'avérer très dangereux. Ne pensez pas que les crampons seuls sont suffisants : en glissant, les crampons ne vous arrêteront pas dans la glissade, contrairement au piolet (si vous savez vous en servir).
- CAMP Corsa Race (185 g, 50 cm) : piolet particulièrement léger et efficace.
- CAMP Corsa Nanotech (225 g, 50 cm) : léger et efficace, même gamme.
- Petzl RIDE (240 g, 45 cm) : marque numéro 1 dans le domaine, fiabilité assurée.
Poids des vêtements : 1 200 g à 1 800 g
Les chaussures, guêtres et crampons
En hiver, les chaussures de trail légères ne suffisent plus. Le froid, l'humidité et la neige changent les exigences sur ce poste.
Les chaussures
Deux options selon les conditions :
Chaussures de randonnée imperméables avec isolation thermique pour les conditions hivernales modérées (0 à -5°C, neige humide) :
- Salomon Quest 4 GTX (650 g) : la référence pour la rando hivernale, Gore-Tex, isolation correcte, bonne accroche.
- Lowa Tibet GTX (760 g) : excellente chaussure d'alpinisme légère, compatible crampons semi-rigides, robuste.
Chaussures d'alpinisme légères pour les conditions sévères (en dessous de -5°C, neige dure, crampons nécessaires) :
- Scarpa Mont Blanc Pro GTX (820 g) : compatible crampons rigides, isolation sérieuse, conçue pour la haute montagne.
Les guêtres
Elles sont indispensables dès qu'il y a de la neige car elles empêchent la neige de rentrer dans les chaussures et gardent les bas de pantalon secs.
- Outdoor Research Crocodile Gaiters (240 g) : les guêtres de référence pour l'hiver, robustes et imperméables.
- Decathlon Forclaz guêtres hautes (300 g) : bon rapport qualité-prix pour débuter.
Les crampons
Pas toujours nécessaires, mais indispensables sur glace ou neige durcie. Ne partez pas en hiver sans vous être renseigné sur les conditions de l'itinéraire.
- Kahtoola MicroSpikes (450 g) : pour les sentiers verglacés et la neige tassée. Faciles à mettre et à enlever, très bonne accroche.
- Black Diamond Contact Strap Crampon (730 g) : crampons 10 pointes pour conditions plus techniques. Compatibles avec la plupart des chaussures de randonnée rigides.
Poids du poste chaussures + guêtres : 890 g à 1 060 g (hors crampons)
L'eau et la filtration
L'eau en hiver est une problématique spécifique car les sources peuvent être gelées, et les filtres à membrane comme le Sawyer cessent de fonctionner correctement en dessous de 0°C car l'eau dans la membrane gèle et endommage irrémédiablement le filtre.
Quelles solutions pour filtrer l'eau en hiver ?
- Tablettes Micropur (moins de 20 g) : la solution la plus fiable par grand froid. Pas de pièces mobiles, pas de membrane qui gèle. Comptez 30 min d'action avant de boire.
- Katadyn BeFree (55 g) : fonctionne jusqu'à -2°C environ si vous le gardez au chaud (dans une poche intérieure). Rincez-le et gardez-le à l'intérieur de votre veste pendant les pauses.
- LifeStraw Peak Series (49 g) : résistance au gel légèrement meilleure que le BeFree, bonne option de compromis.
Faire fondre la neige est une solution de secours qui fonctionne tout à fait mais très gourmande en gaz. Comptez environ 10 g de gaz pour fondre 1 L de neige.
Comment éviter le gel des gourdes ?
- Gardez vos gourdes à l'intérieur du sac à dos, jamais dans les poches extérieures.
- En bivouac, mettez votre gourde dans votre sac de couchage ou quilt pour éviter qu'elle gèle pendant la nuit.
- Si vous utilisez une poche à eau, soufflez dans le tuyau après chaque gorgée pour éviter que l'eau restante gèle.
L'alimentation et le réchaud
En hiver, le corps brûle beaucoup plus de calories pour maintenir sa température corporelle. Comptez 600 à 800 g de nourriture par jour au lieu des 500 g habituels. Et oubliez le cold soaking car manger froid par -5°C est une mauvaise idée aussi bien pour le moral que pour la thermorégulation de votre corps.
Le réchaud
Les réchauds à gaz perdent en performance par grand froid. Le gaz butane pur cesse de vaporiser autour de 0°C : utilisez exclusivement des cartouches isobutane/propane (de type Primus Winter Gas, MSR IsoPro) qui fonctionnent jusqu'à -10°C. Au-dessous de ces températures, il faudra retourner la cartouche pour utiliser le gaz liquide.
- Soto Windmaster (67 g) : le meilleur réchaud en conditions venteuses, son brûleur à 4 branches résiste bien au froid et au vent. Mon choix pour le bivouac hivernal.
- MSR Windburner (155 g) : système intégré réchaud + casserole, excellente résistance au vent, plus facile à utiliser avec des gants.
- Primus Express Spider (76 g) : se monte à distance de la cartouche, ce qui permet de la retourner pour l'utiliser en gaz liquide par grand froid.
En hiver, une cartouche de 230 g dure environ 3 à 4 jours si vous faites 2 repas chauds par jour. Prévoyez large. Privilégiez les aliments riches en graisses et en glucides car le corps les transforme plus efficacement en chaleur que les protéines. Les barres de chocolat, les fruits secs et le fromage sec sont vos meilleurs alliés en hiver. Les repas lyophilisés restent la solution la plus pratique et la plus légère.
Le sac à dos
Le base weight augmente mécaniquement par rapport à l'été. Comptez 6 à 10 kg de base weight selon votre niveau d'optimisation. Un sac de 45 à 55 litres est généralement nécessaire pour tout loger, surtout si vous emportez des crampons et des guêtres qui prennent de la place.
- Osprey Aether 55 (1 640 g) : excellent confort de portage pour les charges lourdes, nombreuses poches d'organisation, fiable et robuste.
- Gregory Baltoro 55 (1 900 g) : le meilleur sac de portage pour les charges de 12 kg et plus, suspension très bien réglée, très confortable en descente sur neige.
- Hyperlite Mountain Gear 3400 Windrider (680 g) : sac ultralight en Dyneema imperméable. Idéal si votre base weight hivernal reste sous 7 kg.
Sécurité et navigation
En période hivernale, les enjeux de sécurité sont plus importants qu'en été. Les conditions peuvent changer très vite, les journées sont courtes et une erreur de navigation dans la neige peut coûter cher.
La lampe frontale
Les nuits hivernales sont longues. Vous aurez besoin de votre frontale bien plus qu'en été. Préférez un modèle rechargeable par USB pour éviter les piles qui se déchargent vite par le froid.
- Petzl Actik Core (35 g, 450 lm) : la référence, rechargeable, puissante. Gardez-la dans une poche intérieure pendant la marche pour que la batterie reste au chaud.
- Black Diamond Spot 400 (86 g, 400 lm) : fonctionne aux piles AAA, ce qui permet de les remplacer si la batterie est à plat. Bonne option de secours.
La navigation
En hiver avec de la neige, les sentiers disparaissent parfois et les balisages sont enterrés. La navigation à la carte et à la boussole redevient une compétence nécessaire. Ayez toujours les cartes IGN hors connexion sur votre téléphone (sur des apps comme Komoot ou Gaia GPS) et gardez-le au chaud dans une poche intérieure. Les batteries de téléphone se déchargent très vite par le froid.
Raquettes et bâtons
Les raquettes de neige ne remplacent pas les crampons mais s'y substituent sur terrain précis : neige poudreuse et profonde, ou neige fraîche et non tassée. Elles répartissent le poids sur une surface bien plus large et vous permettent de progresser sans vous enfoncer à chaque pas.
- TSL 305 Escape (760 g/paire) : légères, robustes, bonne accroche, le meilleur rapport qualité-prix du marché.
- MSR Lightning Ascent (880 g/paire) : référence technique, crampon avant agressif, pour terrain plus engagé.
En hiver sur neige, les bâtons deviennent vraiment utiles, voire indispensables pour assurer une bonne stabilité sur terrain glissant. Prévoyez des rondelles neige larges car les petites rondelles standard s'enfoncent complètement dans la neige fraîche.
Le matériel de sécurité
- Couverture de survie (~50 g) : indispensable, ne sort jamais du sac.
- Sifflet (~10 g) : pour signaler sa position.
- Téléphone satellite ou SPOT : fortement recommandé en hiver hors sentiers balisés.
- Pelle à neige légère (200-300 g) : si vous prévoyez de bivouaquer en zone avalancheuse ou de creuser votre propre abri de neige.
- Détecteur de victime d'avalanche (~300 g) : recommandé si vous évoluez dans des zones à risque. Se porte sur soi en permanence, sous la veste, jamais dans le sac. Parmi les modèles légers : Pieps Micro BT (195 g) et Black Diamond Deploy 3 (200 g).
Lunettes de soleil et crème solaire
La neige réfléchit jusqu'à 80% des rayons UV du soleil, bien plus que l'herbe ou le sol en été. Une journée en montagne hivernale sans lunettes de soleil adaptées peut provoquer une ophtalmie des neiges, une brûlure de la cornée extrêmement douloureuse. Des lunettes de catégorie 3 ou 4 avec protection latérale sont non négociables. Le rayonnement UV augmente avec l'altitude (environ +10% tous les 1 000 m) et la réverbération sur la neige double l'exposition. Une petite crème SPF50 en tube de 30 ml (40-50 g) suffit largement pour une sortie de quelques jours.
Ce qu'on ajoute en hiver et pas en été
Pour résumer les postes spécifiquement hivernaux :
- Crampons de chaussures selon le terrain
- Guêtres hautes imperméables
- Sur-moufles imperméables
- Bonnet épais ou cagoule
- Collant thermique
- Cartouches de gaz isobutane/propane (plus nombreuses qu'en été)
- Tablettes Micropur (filtre inutilisable par grand froid)
- Pelle à neige légère si zone avalancheuse
- Sac à viande en soie (+3 à 5°C de confort)
Récapitulatif des poids
| Poste | Poids indicatif |
|---|---|
| Sac à dos | 680 à 1 900 g |
| Tente / abri | 1 100 à 1 700 g |
| Sac de couchage ou quilt | 700 à 900 g |
| Matelas de sol | 430 à 840 g |
| Vêtements | 1 200 à 1 800 g |
| Chaussures + guêtres | 890 à 1 060 g |
| Réchaud + cartouche | 270 à 400 g |
| Filtration + eau | 20 à 80 g |
| Frontale | 35 à 86 g |
| Sécurité + pharmacie | 200 à 400 g |
| Base weight optimisé | 6 à 8 kg |
| Base weight confort | 8 à 11 kg |
La nourriture, l'eau et les crampons s'ajoutent à ces chiffres. Créez votre gear list sur Treklight pour calculer votre propre base weight et identifier les postes où gagner. Pour comparer avec la version estivale, consultez notre liste de matériel pour le bivouac en été.
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Questions fréquentes
Quelle température de confort choisir pour son sac de couchage hivernal ?▾
Visez un confort annoncé inférieur d'au moins 5°C à la température minimale prévue. Si vous dormez froid naturellement, descendez à 7-8°C en dessous. Les températures de confort sont calculées pour des conditions standard qui ne correspondent pas à tout le monde. Dans le doute, surdimensionnez car vous pouvez toujours ouvrir le sac si vous avez trop chaud mais vous ne pouvez pas compenser un sac trop froid.
La R-value du matelas est-elle vraiment si importante en hiver ?▾
Oui, et c'est souvent le poste le plus sous-estimé des débutants. Le sol froid aspire la chaleur de votre corps bien plus efficacement que l'air froid ambiant. Un sac de couchage confort -15°C sur un matelas R2 ne vous protègera pas correctement. En hiver, visez R4 minimum, R5 et plus pour les conditions sévères ou les sols enneigés.
Peut-on utiliser un filtre à eau en hiver ?▾
Les filtres à membrane comme le Sawyer ou le Katadyn BeFree cessent de fonctionner correctement en dessous de 0°C et peuvent être endommagés définitivement par le gel. Gardez votre filtre au chaud dans une poche intérieure. En dessous de -5°C les tablettes Micropur sont plus fiables. Sinon faire fondre la neige reste la solution de secours ultime mais elle consomme beaucoup de gaz.
Quelle tente choisir pour bivouaquer sur la neige ?▾
Une tente double paroi avec une bonne résistance au vent. Les tentes 4 saisons (Black Diamond Firstlight, Hilleberg Nallo, MSR Access) sont conçues pour ces conditions. Si votre budget est limité, une tente 3 saisons solide comme la MSR Hubba Hubba NX tient correctement jusqu'à -10°C avec des sardines à neige adaptées.
Comment éviter que ma gourde gèle la nuit ?▾
Mettez-la dans votre sac de couchage ou quilt avant de dormir. L'eau à l'intérieur restera liquide grâce à votre chaleur corporelle. Le matin, gardez-la à l'intérieur de votre veste pendant le petit-déjeuner. Si vous utilisez une poche à eau, soufflez dans le tuyau après chaque gorgée pour expulser l'eau qui gèlerait dans le flexible.
Peut-on bivouaquer en hiver sans expérience du froid ?▾
Je vous le déconseille fortement. Le bivouac hivernal demande de maîtriser des gestes et des réflexes que le bivouac estival n'impose pas : gérer la condensation dans la tente, éviter de transpirer trop fort en marchant pour ne pas se retrouver mouillé à l'arrêt, reconnaître les premiers signes d'hypothermie. Commencez par une nuit à 0°C près de chez vous avec une possibilité de repli. Progressez ensuite.
À propos de l'auteur
Florian
Randonneur léger en longue distance depuis plus de 10 ans. Tour du Monde en famille à son actif, en backpack léger.